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Installation d’un spectromètre de Résonance Magnétique Nucléaire fonctionnant à 22,3 T (950MHz en proton) à l’Institut de Chimie des Substances Naturelles (UPR2301 du CNRS) à Gif sur Yvette
Avec ce spectromètre de Résonance Magnétique Nucléaire (RMN), l’Institut de Chimie des Substances Naturelles (UPR 2301 du CNRS) sera l’un des laboratoires les mieux équipés au niveau international, puisque seuls deux spectromètres aussi puissants sont actuellement opérationnels dans le monde. Cette opération exceptionnelle a nécessité d’importants moyens techniques, en particulier pour le grutage de l’aimant de près de 7 tonnes. L’aimant bénéficie d’un système de blindage qui limite le champ résiduel autour de l’aimant, ce qui a permis de l’installer, avec un nouveau spectromètre 800MHz, dans un hall rénové, qui héberge maintenant cinq spectromètres (de 500 à 950MHz). Il faudra encore attendre quelques semaines avant la mise en champ de cet aimant supraconducteur, une autre opération complexe nécessitant plus de 10 000 litres d’Hélium liquide et d’azote liquide.
La spectrométrie par Résonance Magnétique Nucléaire (RMN) est une technique d’étude des molécules à l’échelle atomique. Elle trouve de nombreuses applications dans les domaines de l’imagerie (l’IRM) mais ici, ce sont davantage les applications à la chimie et les sciences de la vie qui sont concernées. Le Laboratoire de Chimie et Biologie Structurales de l’Institut de Chimie des Substances Naturelles développe en effet ses recherches dans l’utilisation de la RMN pour la détermination de la structure et l’analyse de la dynamique des macromolécules biologiques (protéines, acides nucléiques), ainsi que pour l’étude de leurs interactions. L’histoire de la RMN a été jalonnée par le développement d’aimants d’une qualité exceptionnelle fonctionnant à des champs magnétiques de plus en plus élevés. Ces progrès technologiques ont renouvelé et enrichi les domaines d’application de la RMN. L’augmentation de la sensibilité et de lisibilité des spectres en est le premier bénéfice, donnant accès à l’étude de protéines difficiles (protéines non structurées, protéines peu solubles, s’agrégeant ou difficiles à obtenir en quantité suffisante). De plus, l’exploitation de propriétés spectroscopiques originales et optimales de ces très hauts champs permet l’accès à l’étude de complexes macromoléculaires de plus grande taille, dans des domaines très variés : cancer, virus (VIH), résistance aux antibiotiques. La meilleure compréhension de ces mécanismes d’interactions est une étape importante dans le développement de nouvelles molécules d’intérêt thérapeutique.
Le spectromètre 950MHz sera aussi accessible à l’ensemble de la communauté nationale.
Directeur de Recherche